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Cinq femmes courage remarquables

Posted at 5 mars 2012 | By : | Categories : Blog | Commentaires fermés

Des retours très positifs

L’enquête de terrain que nous avons conduite en 2011 auprès d’anciennes bénéficiaires du programme fut particulièrement riche de belles histoires glanées en chemin et de réussites assez spectaculaires– que nous aimerions partager avec vous.

 Ces femmes ont en commun d’avoir parfaitement respecté les conditions du programme, d’avoir continué à multiplier leur bétail par la suite et d’avoir su gérer intelligemment cette source de revenus à long terme ; en les investissant parfois pour démarrer une nouvelle activité. Ce constat nous conforte dans notre volonté de continuer à favoriser, par différents moyens, l’autonomisation et la responsabilisation des individus – en particulier grâce aux ruminants.

 Revenons aux ruminants. A Guichan, Anouch Allahverdian, veuve de guerre à 19 ans, reçoit en 2001 deux vaches et deux veaux. Une fois sortie du programme, elle a non seulement conservé ses bêtes mais a fait l’acquisition de cochons. Les revenus procurés par les ventes – parcimonieuses – d’animaux lui ont permis de reprendre des études, et elle travaille désormais aux services de transmission de l’armée.

Elle a également pu scolariser ses deux enfants à l’université – son fils à l’académie militaire, et sa fille à l’école de médecine. Malgré son travail salarié, elle tient absolument à conserver du bétail, et dispose de deux vaches et d’un veau gardés par son frère, dont le lait profite à toute la famille.

 

Une vache et ça repart !

Les vaches peuvent parfois aider certaines femmes, en particulier des veuves, à reconstruire leur vie personnelle. A Hovdachen, Angela Bekleryan avait déjà 5 enfants lorsque son mari a sauté sur une mine en 2003. Intégrant le programme en 2004, elle se remarie dans la foulée et donne naissance à deux reprises ! Le don qu’elle a reçu, affirme-t-elle, était une sécurité indispensable pour élever ses sept enfants. Elle conserve aujourd’hui 3 vaches et 3 veaux.

 Ina Yeremian, vigoureuse mère 3 enfants, a bénéficié du programme la même année. Elle possède aujourd’hui 6 vaches et 4 veaux – soit 10 têtes, auxquelles il faut ajouter les 15 veaux mâles qu’elle a vendus en l’espace de 7 ans, et qui lui ont rapportés 3.500.000 drams ! Grâce à cet argent, elle a pu acheter une voiture,  un réfrigérateur,  un téléviseur, un lave- linge et des meubles. Elle s’est remariée et a 3 enfants de son second mariage. Infatigable et travailleuse, avec l’aide de son mari, elle a construit une échoppe attenant à sa maison pour la vente de ses produits laitiers, les légumes de son jardin et diverses boissons.

Le bonheur hors du pré

Certaines femmes ont préféré, après plusieurs années, se séparer complètement de leur bétail pour développer d’autres activités. Cela nous réjouit tout autant, surtout lorsque c’est fait avec autant de bon sens que Saténig Tamrazian, à Nor Marakha. Saténig est une réfugiée de Haigatchour, village occupé par les Azéris. Elle enseignait la technologie et l’art plastique à l’école de Nor Marakha lorsqu’elle est entrée dans le programme en 2006. Jusqu’en 2010, elle avait 4 vaches et 6 veaux ; date à laquelle elle décide de tout vendre pour aider ses enfants dans leurs activités. Elle fait ainsi l’acquisition de 17 ruches dont s’occupe son fils de 17 ans, expert en la matière. La vente du bétail a également servi au financement d’une activité agricole : maïs, pastèques, concombres, courgettes et aubergines. Mais surtout, Saténig économise pour pouvoir aider son fils aîné et sa sœur cadette, tous deux prothésistes, à ouvrir un cabinet dentaire dès qu’ils auront achevé leurs études.

Enfin, à Nor Garmiravan, nous avons retrouvé avec bonheur la courageuse famille de Gohar Hovsepian, passée par de douloureuses épreuves depuis 2006, date à laquelle nous les avons rencontrés. Gohar possède désormais quatre vaches et quatre veaux, un taureau et trois génisses. Entre temps, elle a vendu une vache et trois taurillons pour la somme d’un million de drams. Entreprenante, elle vient de construire avec son mari une petite boutique d’alimentation générale en bordure de la route Stépanakert-Mardakert à l’enseigne « ARI DOUN » – une invitation à « venir à la maison ».